24 janvier 2012
Scènes de rue
Un homme lave des récipients destinés à la cuisine sur un trottoir d'une ville. Un de ses camarades fait cuire du riz dans un abri proche. Une affiche proclame : "Humanité pour les sans-papiers".
Un autre homme tient un enfant par le col d'une main. De l'autre, il téléphone. "C'est une agression", dit-il. La bicyclette du gamin est couchée à terre. "J'ai rien volé", crie-t-il. Une jeune femme regarde la scène sous un abribus.
Une autre femme me demande où se trouve la rue Gambetta. La factrice lui répond. "Je cherche les prud'hommes", dit-elle.
22 janvier 2012
Mohammad Sadiq Kabudvand et moi
Arrêté le 1er juillet 2007 à Téhéran, Mohammad Sadiq Kabudvand purge actuellement une peine de 11 ans d’emprisonnement. Journaliste kurde, défenseur des droits humains, il souffre actuellement de graves problèmes de santé pour lesquels il n’est pas en mesure de recevoir les soins appropriés.
Fondateur et président de l’Organisation de défense des droits humains du Kurdistan, Mohammad Sadiq Kabudvand a également été le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Payam-e Mardom-e Kordestan (Le message du peuple du Kurdistan), consacré à la promotion des droits culturels, sociaux et politiques de la minorité kurde d’Iran. Ce journal a été interdit pour trois ans le 27 juin 2004 pour "diffusion d’idées séparatistes et publications de fausses informations" et n’a pas reparu depuis.
Le 1er juillet 2007 à Téhéran Mohammad Sadiq Kabudvand a été arrêté par des hommes en civil qui se sont rendus à son domicile et ont confisqué trois ordinateurs, des livres, des photos et des documents personnels puis l’ont emmené à la section 209 dépendant du ministère du renseignement de la prison d’Evin à Téhéran.
Le 19 mai 2008, après être resté inconscient pendant une demi-heure environ, il a reçu les premiers soins d’un prisonnier médecin, mais n’a pas eu le droit d’aller à l’infirmerie de la prison.
Le jour suivant, un juge a ordonné que Mohammad Sadiq Kabudvand soit hospitalisé à l’extérieur de la prison. Cette mesure n’a jamais été appliquée et Mohammad Sadiq Kabudvand n’est toujours pas en mesure de recevoir le traitement médical que son état requiert. Il a perdu vingt kilos depuis son arrestation.
Après une audience à huis clos, il a été condamné en mai 2008 à onze ans de prison par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran : dix ans pour "agissements contre la sécurité de l’État" en créant l’Organisation de défense des droits humains du Kurdistanet un an pour "propagande contre la République islamique" pour être entré en contact avec des organisations humanitaires internationales.
En juillet 2009, Mohammad Sadiq Kabudvand a été convoqué devant la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad (Kurdistan), accusé de "propagande contre le système" pour avoir publié et diffusé des pamphlets sur la question des femmes kurdes. Mohammad Sadiq Kabudvand a nié tout lien avec ces documents.
La santé de Mohammad Sadiq Kabudvand est actuellement précaire.
Il souffre notamment de problèmes cardiaques pour lesquels une opération chirurgicale est nécessaire, sans recevoir de soins appropriés.
L’Organisation de défense des droits humains du Kurdistan a pour but d’encourager et d’enseigner le respect des droits humains au Kurdistan et de développer entre les peuples d’Iran des relations amicales fondées sur le principe d’égalité devant la loi.
Les Kurdes représentent près de 10 % de la population de l’Iran, essentiellement dans l’ouest et le nord-ouest du pays.
Information Amnesty International.
21 janvier 2012
De la paix
Quels sont les moyens à notre disposition pour imposer la paix ? Pas à n'importe quelle condition, pas n'importe laquelle. Seules nos mains peuvent la garantir, notre langue l'établir et nos yeux la surveiller. Notre méthode est donc l'écoute, le dialogue, le sourire. La paix est-elle le silence ? Ou l'ordre ? Elle est plus faite de confiance que de courage, d'amour que de vengeance. Cela ressemble à un sermon.
Le cuisinier sait surveiller la casserole afin que son contenu ne déborde pas. De même devons-nous garder l'oeil ouvert sur les hommes et les enfants. Que font nos mains ? Peut-être se posent-elles à plat sur le sol ou une table. Et nos langues ? Elles articulent, c'est à dire qu'elles expriment tour à tour nos sentiments, nos désirs. Que font enfin nos yeux face au spectacle du monde ? Peut-être s'embuent-ils légèrement ou pleurent-ils tout à fait.
Stéphane Mettetal, Pont Sainte Maxence, Oise.
12 janvier 2012
Des jours fériés pour les autres religions
Madame Eva Joly, candidate d'Europe-Ecologie-Les-Verts à l'élection présidentielle, propose selon un principe d'égalité et de laïcité, d'accorder un jour férié pour Kippour et l'Aïd-el-Kébir. Si cette proposition effraie un tant soit peu les Français, elle a le mérite d'ouvrir le débat dans une campagne craintive de la part du candidat Hollande. Dans un climat d'anti-immigration, de xénophobie et de repli sur soi, ce discours me semble rallier l'opinion à un esprit républicain oublié. Plus que la chrétienté, la laïcité est une partie importante de notre "identité nationale".
Il est risqué pour la campagne de la candidate écologiste de "nager à contre-courant" dans une France frileuse en matière d'idéologie égalitaire. Il faut d'autant plus saluer cette initiative courageuse.
Stéphane Mettetal.
Note
Dans le cadre du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, célèbre philosophe des Lumières, la bibliothèque municipale de Pont Sainte Maxence expose des livres, des photographies, des affiches en relation avec le promeneur d'Ermenonville.
06 janvier 2012
Du divertissement
Je croise des hommes maigres. Que puis-je pour eux ? Notre champ d'action est réduit. Est-ce alors de l'égoïsme ? Du manque de solidarité ? Etre là où je veux être, participer à une certaine forme de société ; est-ce que cela signifie : voter ? Est-ce que s'exiler n'est pas préférable ? J'ai parfois le sentiment d'avoir un devoir, d'être responsable de quelque chose mais si je le suis, c'est parce que je l'ai choisi, dans la mesure où l'on exerce son libre arbitre. On pense qu'on est heureux et le bonheur fuit. On pense qu'on est libre et la liberté fuit. Etre efficace de façon obsessionnelle, chercher l'efficacité en tout acte, est-ce avoir du pouvoir ? Je pense à la largeur des cravates de Barack Obama, à l'état de légère ébriété lorsque je bois une ou deux bières, à la légère nausée que me provoque la gesticulation de certain candidat à l'élection présidentielle.
J'entends un homme dire qu'il voudrait écrire comme Chateaubriand. Je lui réponds que pour ce faire, il faut être lui. Notre droit : voilà un bon sujet. Pouvons-nous croire qu'un homme qui lit a le sentiment d'exercer un droit ? Je voudrais penser tellement fort qu'une idée viendrait résoudre nos difficultés. Mais les idées résolvent-elles quelque chose ? Le sentiment diffus de ne rien comprendre à notre propre souffrance, la volonté d'établir quelque chose : un régime ? L'étrange impression de ne pas exister vraiment, d'être un peu en marge de soi-même. La peur de trébucher, de céder, de sombrer dans la folie. Qu'est-ce qui nous empêche de vivre ? Et qu'est-ce qui nous y autorise ? La littérature ? La poésie ? L'eau ?
Stéphane Mettetal, Pont Sainte Maxence, Oise.
01 janvier 2012
Statistiques de décembre 2011
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