25 octobre 2014

Madame Geoffroy recevra un cadeau

Le cadeau promis au premier internaute écrivant un commentaire sur La France (note du 21 courant) est décerné à Madame Geoffroy.

Stéphane Mettetal.

24 octobre 2014

De l'histoire, encore

Si nous voulons, pour quelque raison que ce soit, infléchir le cours de l'histoire, c'est à dire créer un changement, et de préférence un progrès dans l'évolution d'une société telle que la France, l'humanité ou le monde, nous devons prendre en considération l'idée suivante : "le récent est toujours à l'intérieur de l'ancien comme le petit est contenu dans le grand". (Pascal Quignard, l'Origine de la danse, éd. Galilée).

Cette phrase rejoint le sentiment d'être "traversé par quelque chose de plus grand que soi" : nos efforts pour changer notre situation actuelle, notre condition, c'est à dire les rapports entre les êtres, doivent s'inscrire dans l'histoire s'ils veulent avoir une réelle et pérenne efficacité, afin aussi de ne pas nous heurter à des obstacles ignorés.

La connaissance de l'histoire permet d'agir en évitant ces écueils, comme celle du monde permet de ne pas nous cogner, tel un poisson dans un bocal, à des parois de verre, c'est à dire échouer. Nous baignons dans l'histoire comme dans le monde et nous en sommes issus ; nous ne pouvons le nier et nous devons en tenir compte dans nos actes pour accomplir nos rêves et nos idées.

Stéphane Mettetal.

23 octobre 2014

Ode à la paix, bis repetita

Shalom "est un mot hébraïque qu'on rend le plus souvent en français par paix" (Wikipédia). Salaam "est un mot arabe signifiant paix" (idem).

Devant l'école militaire de Paris, Clara Halter a élevé le "mur pour la paix". Près de l'entrée de la bibliothèque Reine-Philiberte de Pont-Sainte-Maxence, une stèle dédiée à la paix montre des colombes sur fond bleu.

Paulo Félix jouait de la guitare dans les années quatre-vingt-dix. Je lui montrai le roman de Tolstoï, Guerre et paix. Par la fenêtre d'une salle du conservatoire Adam-de-la-Halle, où Stéphane Skorupka jouait de la batterie pendant que Paulo grattait sa guitare, je voyais l'église et chantais dans un microphone tout le mal que je pensais de la chrétienté.

Mon ami guitariste dit alors que je n'avais pas besoin de produit stupéfiant pour chanter et improviser.

Stéphane Mettetal.

21 octobre 2014

Un centenaire

Le "carré militaire" du cimetière de Pont-Sainte-Maxence est situé sur une hauteur, près d'un chemin qui mène au mont Pagnotte. Au pied d'un mât au sommet duquel flotte un drapeau tricolore, des croix blanches sont érigées. Il y a aussi des tombes musulmanes.

En décembre 1914, un homme est mort. "Pour la France", est écrit sur sa stèle. Il eût peut-être préféré mourir pour le Maroc, son pays, ou mieux, ne pas mourir pour un concept aussi étrange que celui de nation ou de royaume. C'était le début de la "grande guerre", quelques jours avant Noël, que Laidi Ben Rezouani ne fêtait sûrement pas, car il était musulman. C'était il y a cent ans.

Je me rends sur la tombe d'un ami sénégalais. Des graviers posés sur la dalle forment un cœur. Levant les yeux, je vois le drapeau français. Derrière moi se trouvent l'église et l'hôtel de ville. Le temps est gris.

Une femme, au bureau de poste, parle créole avec une employée. Elle me dit : "kaoufé." Cela signifie : "bonjour, ça va ?" Je lui offre un livre de Julia Kristeva puis j'achète un paquet d'enveloppes timbrées où sont dessinés des "poilus", soldats de la première guerre mondiale.

Stéphane Mettetal.

Sept-centième note : un cadeau

A l'occasion de la sept-centième note de La France, l'auteur offre un cadeau au premier internaute qui rédigera un commentaire sur une des notes de ce "blog", Madame Geoffroy et "Migratrice" étant exclues de cette proposition, ayant déjà été lauréates.

Stéphane Mettetal.

De l'antisémitisme

A Serge Salomon, joyeux anniversaire !

 

C'est un mur blanc dont je m'étonne, chaque fois que je le vois, qu'il n'ait point encore été "tagué". Dans une rue voisine, je garais ma "deux-chevaux" en 1989. J'avais acheté une épaisse biographie de Ludwig van Beethoven que je lisais allongé sur un lit et près d'un téléphone auquel je me devais de répondre quand il sonnait. Il y avait une chapelle, des baraquements et une place sur laquelle un homme hurlait : "garde à vous !"

A l'armurerie, on m'a remis un "fusil d'assaut". Je le vois encore, tout noir au bout de mon bras, avec son extrémité bien propre et huilée sur laquelle on pouvait "enficher" une baïonnette, sorte de poignard destiné à tuer. Je pensai à Corinne Thibault, jeune femme décédée dans un accident de voiture, sur une route entre Creil et Pont-Sainte-Maxence. Elle avait écrit le mot : "ami" à mon attention. J'avais sa mort en main.

Les bâtiments ont été détruits, sauf quelques-uns qui abritent le mémorial de l'internement et de la déportation (http://www.memorial-compiegne.fr/).

Stéphane Mettetal.

18 octobre 2014

"Les agents du département", une visite

Conscient des possibilités qui s'offrent à moi et de mon incapacité à les envisager, je ramasse deux poires le long d'un chemin et les mange, étonné de leur goût.

Ce matin, je suis allé à la mairie. Je voulais des renseignements à propos d'une opération du conseil général de l'Oise intitulée : "les agents du département". J'y ai trouvé une "plaquette", c'est à dire une feuille de papier sur laquelle était inscrit : "ils se mobilisent chaque jour pour vos services publics de proximité".

J'allai au collège Lucie et Raymond Aubrac pour visiter cette journée "portes ouvertes". Accueilli par M. Eddy Schwarz, principal de l'établissement et adjoint au maire de la ville, je fus salué par Mademoiselle Awatef Yacoubi, assistante d'éducation. J'entrai dans différentes salles en me rappelant qu'il y a plus de trente ans, j'arpentais déjà ces couloirs.

"C'est notre premier visiteur", dit l'élu à un homme face à quelques ordinateurs. Je me rendis ensuite à la cantine puis dans une salle où je fus ignoré comme il se devait. Je sortis et rencontrai quelques jeunes filles aperçues auparavant dans la rue Salvador-Allende.

Stéphane Mettetal.