29 juillet 2014

Notes sur l'antisémitisme

Non à l'antisémitisme. Non au racisme.

Le samedi 24 mai dernier, j'écrivais dans un carnet : "18 h 45. Nous apprenons qu'une fusillade a eu lieu à Bruxelles, au musée juif. Trois personnes ont été tuées et une autre est grièvement blessée. Nous sommes à la veille des élections européennes."

Puis, le lundi suivant : "Résultat principal des élections européennes : le Front national arrive "largement" en tête devant l'UMP et le PS."

Le mardi 3 juin, j'écrivais : "La presse (le Monde), la télévision (BFM-TV) et même le président de la République semblent mettre l'antisémitisme "sur le dos" des "djihadistes", Français souvent d'origine maghrébine, partis en Syrie pour combattre le régime. Je crois qu'il est plus présent dans la société française et que les scores électoraux du Front National (ou Rassemblement Bleu Marine) permettent l'expression parfois violente et meurtrière de l'antisémitisme."

Mercredi 25 juin : "Montaigne, écrivain français de la Renaissance, était fils d'une femme issue d'une famille juive ayant fui l'Inquisition espagnole. Rencontré Richard Benyahia [président de SOS-racisme à Pont-Sainte-Maxence] ce matin, rue Henri-Bodchon. Discuté avec lui de l'antisémitisme."

Lundi 7 juillet : "Problèmes israélo-palestiniens."

Stéphane Mettetal.

26 juillet 2014

Une entrevue avec Monsieur le maire de Pont-Sainte-Maxence

Louis XIV portait des chaussures rouges à talon haut. Monsieur le maire de Pont-Sainte-Maxence exhibait, ce matin, des chaussettes et des lacets de cette couleur. Sous une photographie en noir et blanc du général de Gaulle, nous nous asseyâmes face à face, devant une table sur laquelle des appareils portables clignotaient de temps à autre. Monsieur Dumontier me posa quelques questions sur mes vacances.

J'avais pris rendez-vous avec l'édile pour parler du quartier des Terriers, qui fait l'objet d'une mesure gouvernementale d'aide, et où je vis. Ses projets sont les suivants : mise en place d'une annexe de la mairie et d'une "maison de quartier", achèvement des travaux de la rue de Felgueiras afin de relier le quartier à la route de Verneuil-en-Halatte et création d'une équipe de médiateurs intervenant au sein de la population et notamment de la jeunesse.

L'élu me parla ensuite des craintes qu'il nourrit au sujet de la dangerosité résultant de la proximité de la voie ferrée, du passage à niveau de Sarron et de l'emplacement des "gens du voyage". Un projet d'aire de résidentialisation posant des problèmes de financement fut évoqué.

Enfin, le maire a des projets personnels : se considérant déjà en campagne électorale pour 2020, il utilise l'expression anglo-saxonne dead-line* pour ne point prétendre à une seconde réélection (en 2026).

Stéphane Mettetal.

 

* dernière limite

25 juillet 2014

Éloge de la fuite

Je prenais quelques notes, hier, pour écrire un article sur ce site internet, que je souhaitais intituler : "Éloge de la fuite".

1) voici ce dont nous ne voulons pas, c'est beaucoup plus important que ce que nous souhaitons ou désirons,

2) refuser, c'est une sorte de fuite ; ne pas vouloir quelque chose, dire "non", est une entreprise de libération, c'est : se défaire de ses chaînes,

3) Jean-Jacques Goldman chante : "Il n'y a que les routes qui soient belles / Et peu importe où elles nous mènent."

 

Le refus de l'affrontement est-il une lâcheté ? Que nenni. La gazelle fuit devant le lion ; c'est son seul espoir et son seul salut. Rien ne nous oblige à nous porter au-devant d'une rencontre dont on est sûr qu'elle dégénérera en conflit.

Accordons-nous sur un point essentiel de la vie : la paix est préférable à la guerre. Rechercher le conflit est mortifère. Dans celui-ci, chaque partie est perdante. Dans l'arrangement et la transaction, au contraire, les interlocuteurs, tout en effectuant certaines concessions, parviennent à un accord.

 

Stéphane Mettetal.

24 juillet 2014

Jeudi matin, le roi, la reine et le petit prince...

Sortant de notre immeuble, ma compagne, mon chien et moi rencontrâmes, le jeudi 17 juillet dernier, Monsieur le maire de la ville, accompagné d'un homme et d'une femme. Je saluai l'édile qui me présenta Madame Martine Juston, sous-préfet de l'Oise. Je lui dis que, pour ma part, j'étais "sous-préfet de ma maison". - Préfet, répondit-elle. - Le préfet, c'est Madame, rétorquai-je alors en désignant ma concubine. - Et voici notre fidèle collaborateur, ajoutai-je en montrant la chienne qui reniflait le bas de pantalon du costume sable d'Arnaud Dumontier.

J'apprenais hier à la lecture du journal Oise hebdo que l'homme accompagnant le sous-préfet était Christian Massaux, président de la communauté de communes des pays d'Oise et d'Halatte (UMP).

Une chanson de Renaud Séchan me revint en tête : Rouge-gorge. Elle parle de Robert Doisneau et des quartiers de Paris.

Extrait :

"Rouge-gorge chante
Le Temps des Cerises
Dans les rues vivantes
Lorsqu'un jour arrive ;
Le temps des noyaux
Et des bulldozers
Et des vrais salauds
En costume clair
Quelques sous-ministres
A attaché-case
Les mines sinistres,
L'âme versaillaise
Décrètent trop vieux
Tout ce quartier-là ;
Y foutra le feu
Si l'vieux s'en va pas"



23 juillet 2014

Du Proche-Orient

Je rencontre Samir*, jeune musulman, avec qui j'entame une discussion sur la situation au Proche-Orient. "Qu'en penses-tu ? lui dis-je. - Il suffit qu'il y en ait deux ou trois qui f... la m... et cela dégénère. Et toi ? - Je voudrais que cette guerre cesse. - Elle ne cessera pas, répond-il. - Combien de temps penses-tu qu'elle va durer ? - Jusqu'à temps que l'un [des camps] se prenne une "volée". - Qui mettra une "volée" à qui ? Israël ne peut pas perdre. - Il a déjà beaucoup perdu, en termes d'image. - Je crois que son image ne l'importe guère et qu'il a dépassé ce stade. Je suis en tout cas heureux que tu prennes cela avec de la distance. - Il ne faut pas s'en mêler, termine-t-il.

Je cherche la définition des mots suivants dans le petit Robert 2010 :

Transaction : du latin transactio, de transigere > transiger. Acte par lequel on transige. "La plus mauvaise transaction (...) est meilleure que le meilleur procès." Balzac.

Transiger : faire des concessions réciproques, de manière à régler, à terminer un différend.

Stéphane Mettetal.

 

* le prénom a été changé.

22 juillet 2014

Une visite au siège de l'UMP

Devant me rendre dans le XVème arrondissement de Paris, je constate que le nouveau siège national de l'union pour un mouvement populaire s'y trouve, au 238 de la rue de Vaugirard. Au Monopoly, c'est une des cartes les plus chères, me semble-t-il. Arrivé sur place, j'entre par un sas à deux portes puis un homme et une femme assis derrière un bureau m'accueillent. "Je suis ici par curiosité", leur dis-je. - Ça s'arrête là, me répond l'homme. Après discussion, je parviens à obtenir le droit de prendre un café au distributeur de la cafétéria. Je prends les numéros de juin et juillet du bulletin des élus locaux que je consulte, assis dans un fauteuil blanc. Des gadgets aux couleurs bleu et rouge sont en vente dans une vitrine. Une fiche détachable d'un des magazines est intitulée : "Nouveaux maires, quelques conseils pour bien démarrer le mandat". Au paragraphe "les réseaux sociaux", je lis : "sur les blogs, publiez des articles régulièrement, mais sans écrire pour ne rien dire, faute de quoi vos lecteurs se lasseront". Deux hommes discutent, debouts à une table haute. Je termine mon café, puis je sors du bâtiment. Je constate que le ministère de l'agriculture et de la pêche est situé à proximité. J'achète une bouteille de Pessac-Léognan 2010 chez un caviste.

Stéphane Mettetal.

20 juillet 2014

Du colonialisme au Proche-Orient

Pour mieux comprendre la situation au Proche-Orient, j'emprunte L'État d'Israël d'André Chouraqui, paru dans la collection "Que sais-je ?" aux Presses Universitaires de France, à la bibliothèque Reine-Philiberte. Je cherche en particulier l'histoire de sa fondation.

Extraits :

"Israël devint une nation à partir de la conquête de la Terre Promise par Josué (vers 1180). Installé en Terre Sainte, il allait pendant plus de treize siècles donner naissance à une culture originale qui puisait ses sources dans la plus profonde sagesse de l'Orient. La révélation de Moïse fut le souffle vivant qui anima les Juges, les Rois, les Prophètes et les prêtres et donna naissance à une vision du monde profondément originale, consignée dans les livres de la Bible hébraïque. Le destin de ce recueil fut lui aussi exceptionnel. Né en Orient, il devait conquérir à sa sagesse, par le canal du Christianisme, l'Occident et avoir le privilège unique de parler, de siècle en siècle, à l'humanité entière."

Au début du XXème siècle, "l'effondrement de l'Empire ottoman, l'occupation de la Terre Sainte par les troupes britanniques allaient permettre à la Grande-Bretagne, avec le consentement de la France et de l'Italie, de définir sa politique palestinienne dans un sens favorable aux ambitions sionistes [la restauration de l'État d'Israël]."

Le conflit actuel entre Israël et le Hamas semble être le lieu exact de l'affrontement des deux moitiés du monde : l'Occident, riche, entreprenant, désirant étendre sa puissance et l'Orient, pauvre, pacifique et désarmé face aux colonisateurs. Celui-ci m'apparaît comme la victime du prédateur occidental, cherchant à acquérir plus de richesse, dans une ignorance de l'humanité des peuples, bien qu'il soit tellement préoccupé par celle de ses propres citoyens.

La logique présidant à la politique occidentale est d'acquisition, pour ne pas employer le terme de "capitalisme". Or si celle-ci se fait au détriment de quelqu'un, cela s'appelle du vol. Et quand on utilise la violence pour parvenir à ses fins, c'est un crime.

En conclusion, le colonialisme n'est pas mort et les empires non plus. D'une démonstration ostentatoire de leur glorieuse puissance, ils sont parvenus à une politique plus discrète, néanmoins efficace et brutale. L'indépendance politique des ex-colonies n'est que de façade. En sous-main, elles sont encore dirigées par leurs maîtres.

Stéphane Mettetal.