18 mai 2013

De l'Histoire

Le temps fait son oeuvre, les mentalités changent lentement mais sûrement. Utiliser les bons mots, ceux qui ont une résonance historique peut-être ; est-ce là écrire l'Histoire ? Ce que nous savons n'est jamais suffisant : l'apprendre. Elle est tout à fait linéaire. Rien ne se produit sans cause ni conséquence. Le moindre détail a son importance, la plus discrète parole aussi. 

Appréhender l'Histoire, c'est toucher du doigt le destin des peuples. La "vision" historique ne peut se faire sans connaissance. Savoir et imaginer ce qui est possible et faire en sorte que nos idées s'appliquent : de quelle façon ? Dans quel but ?

Quelqu'un verra nos failles, plus lucide et intelligent. Notre texte rencontrera des lectures critiques. Un être plus avisé comprendra notre dessein fondamental : supercherie ? 

Et si la paix était un état supérieur de l'humanité ? Si l'eau des fleuves était étale ; si nos mains écrivaient et construisaient la paix ?

Stéphane Mettetal.


Nota bene : le prochain commentaire sera le centième de ce blog. A cette occasion, l'auteur enverra par courrier postal à celui qui l'écrira s'il précise son adresse un cadeau.

13 mai 2013

Petite histoire bucolique

J'écris une lettre et je descends la poster. Je traverse un bois. Tout à coup, un bruit de chute près d'un arbre se fait entendre. Je vois à son pied une masse indistincte. Je m'approche. C'est un écureuil couché là, ne bougeant presque plus, les narines rouges de sang. Il sursaute un peu. Je le touche mais il ne réagit pas. Je vais au centre-ville, je bois un café dans un bar qui vient d'ouvrir. Un homme joue aux courses hippiques. En remontant, je passe voir l'animal. Une mouche est déjà sur lui. Il ne bouge plus du tout. Je le prends par la queue et le cache sous des fougères.

Stéphane Mettetal.

06 mai 2013

De la communication politique

Je lis dans le supplément "Télévisions" du journal Le Monde daté du jour un article intitulé : "Le 6 mai" à propos de la campagne présidentielle du candidat HollandeExtrait : "Du 22 avril au 6 mai 2012, Jérémy Sahel a eu, en effet, un accès privilégié à l'équipe qui préparait les discours, le interventions télévisées et les éléments de langage à distiller dans les médias." Qu'est-ce qu'un "élément de langage" ? Un mot, une phrase, une expression ? 

Je participe à un "café philo". Une quinzaine de participants débat autour du thème : "sagesse et vieillesse". Je prends quelques notes : "ingérence, tolérance, lâcheté, valeurs..." Sont-ce des "éléments de langage" ? 

Une idée me vient : à l'heure de la télévision-reine et du "zapping", la communication passerait par des "mots-images" sans cohérence entre eux, sortes de "marqueurs" fascinant l'imagination, captivant l'intellect tels des spots publicitaires, sans aucun lien de cause à effet, sans structure narrative. On ne fait pas là appel à l'intelligence du spectateur ou du lecteur mais à sa capacité d'illustrer : de mettre des images sur des mots. Ceux-ci n'ont plus leur sens propre mais leur résonance télévisuelle.

Je suis frappé par l'ignorance de certains des participants qui n'ont pas idée de ce dont ils parlent, employant des mots comme on brandit des pancartes, cherchant à frapper l'imagination de leurs interlocuteurs comme ils ont été atteints eux-mêmes par des expressions saisissantes.

Or la réelle puissance du verbe est de mettre en relation, de créer des liens. La littérature le permet. Mais qu'ont les hommes politiques à faire de celle-ci ? Je me souviens d'un texte lu dans Le Monde disant que les élites du parti socialiste ne lisaient pas de livres. 

Stéphane Mettetal.

04 mai 2013

Venette

Je lis dans 100 mots à sauver de Bernard Pivot (éd. Albin Michel) la définition d'un mot désormais inusité : venette. Le centre commercial de Compiègne est situé sur le territoire d'une localité portant ce nom. Arrivé à la caisse de cet hypermarché, je demande à l'employée si elle sait ce qu'est une venette. "Non", me répond-elle. Comme j'avais oublié le sens de ce mot, elle me dit qu'elle chercherait "sur Google" et que si elle avait eu son téléphone portable sur elle, elle l'eût fait immédiatement, ce qui me laissa coi. Arrivé chez moi, j'effectue la recherche sur le célèbre "moteur" mais je n'y trouve que la description de la commune en question. Je lis alors en page 119 de ce livre du célèbre animateur de télévision : "Avoir la venette, c'est avoir peur", écrit-il.

Stéphane Mettetal.

03 mai 2013

Economie versus politique

John Dewey, philosophe américain, écrivait en 1916 in Democracy and Education (cité par Martha Nussbaum in Les émotions démocratiques, Climats 2011) : "L'histoire économique est plus humaine, plus démocratique et par conséquent plus émancipatrice que l'histoire politique." Le journal Le Monde, quant à lui, développe ses rubriques économiques. François Hollande lorsqu'il était étudiant s'est inscrit, pour compléter sa formation dans ce domaine, à l'école des Hautes Etudes Commerciales (HEC).

L'intérêt porté actuellement à l'économie me semble résulter d'une résolution des principaux problèmes politiques et sociaux. Puisqu'il n'existe plus de conflits armés majeurs, faisons des affaires ! Cependant, affirmer que les systèmes économiques sont plus démocratiques que les institutions politiques est une aberration : les responsables de ce dernier secteur sont élus, au contraire des chefs d'entreprise. Lire à ce propos Jacques Généreux : Nous, on peut ! qui éclaire le discours politique conservateur destiné à nous faire croire que le réel pouvoir est dans leurs mains et ainsi le leur abandonner.

Stéphane Mettetal.

02 mai 2013

Naissance d'une liberté

L'échange nécessaire entre les êtres fait que nous ne pouvons pas asseoir quelque pouvoir que ce soit car celui-ci est en complète contradiction avec l'idée de progrès. La rigidité d'un pouvoir quel qu'il soit reposant par nature sur une force et les idées ne pouvant s'exprimer que dans un "champ" ouvert et libre de toute contrainte, nous sommes amenés à penser qu'une liberté totale repose sur l'absence effective de contrainte donc de pouvoir, c'est à dire sur une certaine forme d'anarchie. La nouveauté, l'originalité et le progrès ne peuvent être ainsi que le produit d'une vie libre. Folie ? Il s'agit d'être suffisamment sûr de son fait pour éviter toute forme d'asservissement. Vivre libre n'est pas renverser les barrières mais les contourner et les éviter.

Nota bene : l'écriture de cette note fait suite à la lecture de quelques pages de Martha Nussbaum, Les émotions démocratiques, édité chez Climats.

Une laïcité "agressive" ?

Lors d'une réunion politique passée, le thème du port de la burka a été évoqué. N'étant pas pour son interdiction dans les lieux publics, je dis : "et si j'ai envie de la porter moi-même, n'en ai-je pas le droit ?" Un élu me répondit : "si tu fais cela tu te retrouveras à Clermont [à l'hôpital psychiatrique]". Au moment où une commission américaine juge la laïcité française "agressive" et certaines lois discriminatoires, une réflexion sur ce sujet semble nécessaire.