01 novembre 2014

Statistiques d'octobre

Trois mille sept cent trente cinq visites ont été enregistrées sur La France au mois d'octobre. Merci à tous nos lecteurs.

S. M.

31 octobre 2014

De la Tunisie, de l'Algérie, de Jean-Marie Le Pen et de la France

"Les Occidentaux devraient faire l'effort de se mettre à la place des Arabes et tenter de comprendre comment ils ont perçu et vécu leur histoire." Eugene Rogan, Histoire des Arabes, éd. Perrin.

Je rencontre un jeune voisin à la bibliothèque. Je lui propose de lire un article d'un supplément du Monde daté d'aujourd'hui et consacré à l'Algérie. Il est intitulé : "Le poignard du lieutenant Le Pen entre au musée" et est signé Florence Beaugé. Il le lit et me dit ensuite s'être mis à la place du jeune garçon cité dans l'article, Mohamed Cherif, qui, ce 3 mars 1957 au matin, découvrit l'objet "en acier trempé, long de 25 cm et large de 2,5 cm , couteau des Jeunesses hitlériennes fabriqué dans la Ruhr dans les années 1930."

"[Jean-Marie] Le Pen et les parachutistes repartent après avoir criblé le corps d'Ahmed Moulay [père du garçon] d'une rafale de mitraillette." Auparavant, l'homme de "42 ans va être torturé sous les yeux de ses six enfants et de sa jeune femme qui porte sa dernière-née de 4 mois dans les bras. On lui inflige le supplice de l'eau puis de l'électricité. Ahmed Moulay refuse de donner les noms de son réseau du FLN [Front de libération nationale, créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie]. Il en mourra."

Puis le jeune homme me parle de sa prochaine année, après le baccalauréat. Il pense "partir à Londres (ou en banlieue)" pour améliorer son anglais. Il connaît le chinois, l'espagnol et l'arabe. Je lui demande ce qu'il pense de l'actualité tunisienne. "Les citoyens tunisiens ont le sentiment d'être libérés [depuis la chute de Ben Ali]", me dit-il. La victoire du parti Nidaa Tounès aux dernières élections législatives est selon lui une bonne nouvelle, parce qu'Ennahda (parti islamiste) était "trop extrémiste".

Samir Kassir écrit dans Considérations sur le malheur arabe (éd. Sindbad, 2004) : "l'impuissance, sans conteste, est l'emblème du malheur arabe, aujourd'hui (...) Impuissance à faire taire le sentiment que vous n'êtes plus que quantité négligeable sur l'échiquier planétaire, quand la partie se joue chez vous."

J'invite les Tunisiens à montrer qu'ils sont une force politique internationale, ainsi que tous les pays arabes, dès maintenant.

Stéphane Mettetal.

29 octobre 2014

Des coups de feu tirés à Pont-Sainte-Maxence lors d'une réunion publique

Le trois octobre dernier, Michel Delmas, ex-maire de Pont-Sainte-Maxence, écrivait sur Twitter : "Mais que s'est il donc passé, mardi soir [30 septembre] aux Terriers [quartier du collège], à la sortie de la réunion publique de la municipalité ? Mieux valait ne pas être là".

Des personnes armées et cagoulées auraient ouvert le feu à cette occasion. Le maire, Arnaud Dumontier, aurait demandé à la presse de ne pas ébruiter l'affaire pour ne point effrayer les habitants.

Stéphane Mettetal.

27 octobre 2014

Que faut-il faire ?

"Que faut-il faire des sans-papiers ?" lis-je au bas d'un écran de télévision lors d'une émission dont cette question semble être le thème. Dans la presse locale, Oise hebdo consacrait un article à une réunion publique organisée par la mairie de Pont-Sainte-Maxence et où fut posée une question semblable : "qu'allez-vous faire des gens du voyage ?"

C'est d'humanité qu'il s'agit. Considérer son prochain comme un objet qu'on administre ou qu'on déplace sans lui demander son avis relève de la barbarie. Ils sont bien forts, ces Français qui dénient les droits humains élémentaires de certaines catégories de population : gens du voyage ici et sans-papiers là. Un patron de bar, à Creil, à qui je répondais "inch'allah" me fit répéter, pour ensuite déclarer qu'il espérait vendre à sa prochaine retraite le fonds de commerce "à un Gaulois" de préférence. J'oubliais que le Front national fait vingt pour cent des voix aux élections.

Que faut-il faire alors ? Peut-être relire Catherine Cusset qui, dans son livre intitulé La haine de la famille, écrit : "nous, ses enfants, grandissons sans comprendre qu'on puisse ignorer cela, le massacre de six millions de juifs par les Allemands, le rôle que jouent les Français dans l'antisémitisme, et le peu de gloire de la France pétainiste."

Stéphane Mettetal.

25 octobre 2014

Madame Geoffroy recevra un cadeau

Le cadeau promis au premier internaute écrivant un commentaire sur La France (note du 21 courant) est décerné à Madame Geoffroy.

Stéphane Mettetal.

24 octobre 2014

De l'histoire, encore

Si nous voulons, pour quelque raison que ce soit, infléchir le cours de l'histoire, c'est à dire créer un changement, et de préférence un progrès dans l'évolution d'une société telle que la France, l'humanité ou le monde, nous devons prendre en considération l'idée suivante : "le récent est toujours à l'intérieur de l'ancien comme le petit est contenu dans le grand". (Pascal Quignard, l'Origine de la danse, éd. Galilée).

Cette phrase rejoint le sentiment d'être "traversé par quelque chose de plus grand que soi" : nos efforts pour changer notre situation actuelle, notre condition, c'est à dire les rapports entre les êtres, doivent s'inscrire dans l'histoire s'ils veulent avoir une réelle et pérenne efficacité, afin aussi de ne pas nous heurter à des obstacles ignorés.

La connaissance de l'histoire permet d'agir en évitant ces écueils, comme celle du monde permet de ne pas nous cogner, tel un poisson dans un bocal, à des parois de verre, c'est à dire échouer. Nous baignons dans l'histoire comme dans le monde et nous en sommes issus ; nous ne pouvons le nier et nous devons en tenir compte dans nos actes pour accomplir nos rêves et nos idées.

Stéphane Mettetal.

23 octobre 2014

Ode à la paix, bis repetita

Shalom "est un mot hébraïque qu'on rend le plus souvent en français par paix" (Wikipédia). Salaam "est un mot arabe signifiant paix" (idem).

Devant l'école militaire de Paris, Clara Halter a élevé le "mur pour la paix". Près de l'entrée de la bibliothèque Reine-Philiberte de Pont-Sainte-Maxence, une stèle dédiée à la paix montre des colombes sur fond bleu.

Paulo Félix jouait de la guitare dans les années quatre-vingt-dix. Je lui montrai le roman de Tolstoï, Guerre et paix. Par la fenêtre d'une salle du conservatoire Adam-de-la-Halle, où Stéphane Skorupka jouait de la batterie pendant que Paulo grattait sa guitare, je voyais l'église et chantais dans un microphone tout le mal que je pensais de la chrétienté.

Mon ami guitariste dit alors que je n'avais pas besoin de produit stupéfiant pour chanter et improviser.

Stéphane Mettetal.